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Les carottes sont cuites ! (ou comment je me suis mise à mang​er des crudités)​

Je me suis dit que j’allais débuter ma petite série d’articles par l’exposé de mon expérience personnelle avec les légumes. Et plus particulièrement, avec les légumes crus.

 Je me suis toujours intéressée à la cuisine, à l’art culinaire et à la nutrition. Mais je n’ai pas toujours été diététicienne. Il s’agit d’une reconversion. Et mon alimentation a, elle aussi, beaucoup évolué !

 Jusqu’à environ l’âge de 30 ans, je ne pouvais manger que 3 types de légumes crus : les poivrons, les radis, et la laitue.

 Beaucoup de personnes me vantaient le bonheur de manger une salade de tomates en été. Moi, j’arrivais à peine à manger une rondelle de tomate qui pouvait se trouver dans un sandwich ; les autres rondelles me dégoûtaient tellement que je devais les jeter dans le fond du sachet dans lequel était vendu ce repas.

 J’entendais beaucoup de bien des carottes râpées, pour la santé, pour conserver une «ligne impeccable », mais pour la beauté de la peau également. Plusieurs fois j’ai tenté de m’en préparer. J’ai testé plusieurs assaisonnements. Le sentiment de dégoût (tout comme les tomates) était, toujours intense. La première fois, je me suis dit, que pour éviter de gâcher ces carottes, j’allais y ajouter de la mayonnaise. Résultat, j’y ai mis une montagne de mayonnaise pour ne pas sentir le goût des carottes. J’avais le sentiment de m’éloigner vraiment de mon but initial qui avait motivé la préparation de ces carottes râpées.

 Un petit (et dernier) 3ème exemple : les concombres. Il s’agit d’un légume tellement apprécié par tant de personnes. Il est réputé, tout comme les carottes, pour la santé, et pour ses vertus pour conserver son poids de forme. Mais à chaque fois que j’en ai goûté, c’était toujours immangeable pour moi !

 Et pourtant, aujourd’hui, j’arrive difficilement à passer un repas sans manger de légumes, crus ou cuits. Les légumes sont devenus le socle de mon alimentation.


 Comment cette situation a pu tant changer ?


Pour les tomates : un jour, j’ai eu la chance de recevoir un énorme sac de tomates, d’un jardinier amateur, qui en avait tellement récolté cette année là, qu’il en avait donné à toutes ses connaissances. J’allais les préparer cuites, car j’aimais les tomates cuites tout de même, mais, une chose bizarre est arrivée : l’une d’elles m’a fait de l’œil ! Même aujourd’hui, je ne saurai pas dire pourquoi, j’ai coupé une tranche de cette tomate, pour la manger, comme ça, juste nature, sans rien ! Et cette tomate était excellente, vraiment excellente ! 
 

Pour les carottes, l’expérience est quasiment la même. Un jour, j’ai eu envie d’ajouter de la carotte râpée dans mon assiette, un peu comme on pourrait le faire avec de la salade. Et, il s’avère que j’adore l’association de la carotte râpée, froide, avec un plat chaud comme, un hachis parmentier, de la pizza, et même au coeur d’un excellent hamburger ! J’aime aussi l’associer avec une salade composée, mais aussi cuite dans ma sauce bolognaise. 
 

Et le concombre ? Et bien lui, je l’ai découvert sous un autre jour grâce à la cuisine japonaise. Sa présence dans les makis ne me gênait pas. Je pouvais les consommer sans dégoût. Un jour, dans un restaurant japonais, on m’a servi une salade chou blanc (que je me suis mise à consommer aussi grâce à la cuisine de ce pays), qui comprenait 2 rondelles de concombre. Je les ai goûtées, et je me suis rendue compte que j’aimais leur goût ! 
 

En fait, l’éducation au goût est essentielle. Et la bonne nouvelle c’est qu’on peut la faire tout au long de la vie. Car, en effet, je me suis aperçue, par mes expériences, que l’éducation au goût est un long apprentissage qui demande de ressentir et de réfléchir aux sensations apportées par le nouvel aliment testé. C’est une véritable expérience de vie, qui est influencée par toutes les expériences personnelles que l’on a pu vivre auparavant, mais aussi par le contexte et les personnes présentes lors du repas.

Il est essentiel de développer sa propre capacité à goûter de nouveaux aliments, et donc à faire preuve de curiosité, à exprimer les sensations ressenties et à développer l’esprit d’analyse face à ses choix alimentaires.

Ainsi, pour reprendre mes exemples, c’est en testant une tomate de qualité que je me suis aperçue qu’une tomate pouvait avoir du goût. Je n’avais juste jamais eu l’occasion de manger une tomate qui avait le goût de tomate ! Pour les carottes, et pour les concombres, je me suis rendue compte que les modes de préparation qu’on m’avait proposé ne me plaisaient pas, mais que d’autres modes me correspondaient d’avantage.

Mais la rédaction de cette petite tranche de vie n’est pas motivée par le plaisir de raconter mon existence !

Ce que je veux dire, via cet article, c’est :

- que l’éducation au goût peut se faire tout au long de la vie et qu’elle peut parfois demander du temps

- qu’il faut faire preuve de curiosité alimentaire ; qu’il ne faut pas se laisser influencer par d’anciennes expérience sur un aliment

- qu’il faut tester divers modes de préparation pour un aliment, il ne faut pas se limiter à ce qu’on a déjà goûté

- que la qualité des aliments est importante ; une tomate cultivée sous serre en janvier n’aura pas de goût, et c’est normal ; il faut privilégier les légumes de saison, c’est à ce moment qu’ils sont bons (gustativement et nutritionnellement).


Gwenael Biencourt EI

diététicienne en ligne

déplacements possibles dans l'Eure et Loir (28) et les Yvelines (78) : me contacter


  • 06 30 73 99 12
  • monassietteamoi@biencourt.fr

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